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Bilan avant les présidentielles 2022

Qui sont les politiques les mieux placés sur les réseaux sociaux à deux mois des présidentielles ? Avec le recul que nous permettent ces derniers mois, nous faisons le point sur qui est le mieux placé, en utilisant exclusivement la data: audience, croissance, engagement, activité et portée du politique sur les réseaux sociaux.

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Jean-Luc Mélenchon, le roi incontesté des réseaux sociaux (90/100)

Le bilan est implacable: à ce jour, le candidat de La France Insoumise est le politique le plus influent sur les réseaux sociaux, avec un index Favikon de 88/100.

C’est le seul politique à être présent sur tous les réseaux sociaux “importants”: Youtube, Facebook, Twitter, Instagram, TikTok, Linkedin et Twitch. Il a compris que les réseaux sociaux ne devaient pas être un simple support, mais aussi un vrai instrument. Parce qu’il les utilise de manière régulière et depuis longtemps, il parait beaucoup plus authentique et sincère que ses concurrents, ce qui explique aussi ses performances.

Sur le format vidéo, il est indétrônable. Sur Youtube, il est 1er avec ses 621K abonnés et une note de 16/20, sur une chaîne qu’il alimente régulièrement et ce depuis longtemps. A gauche, les Insoumis sont tout seul: dans le top 10, seul Yannick Jadot avec ses 1,3K abonnés arrive à s’y glisser péniblement. Les vidéos TikTok de Mélenchon, où il occupe aussi la première place, font régulièrement des millions de vues. Sur Twitch (1er), ses audiences culminent à plusieurs milliers de vues en simultané, ce qui n’est pas un mince exploit sur un réseau où le politique est quasiment absent.

Il bénéficie également d’un réseau solide d’Insoumis sur lesquels il peut s’appuyer sur les réseaux sociaux: François Ruffin, avec ses 1,3M d’abonnés, bénéfie d’un index Favikon également très élevé (74), et les Insoumis sont généralement actifs sur les réseaux sociaux: Coquerel, Aubry, Autain, Obono, Corbière et Quatennens franchissent tous la barre des 50.

Eric Zemmour, le challenger en pleine ascension (79/100)

En partant de quasiment zéro, le candidat d’extrême droite a connu une progression fulgurante à partir de septembre. C’est le politique qui a gagné le plus d’abonnés, juste devant Jean-Luc Mélenchon (1M vs 978K). Sa chaîne Youtube est un cas d’école: ouverte à la rentrée, il s’est hissé en 3 mois seulement à la deuxième place du classement avec 391K abonnés, même si son engagement est bien en dessous de celui de son concurrent insoumis.

Archi actif, son équipe explose tous les records en termes de publications sur les réseaux sociaux: 800 tweets par mois en moyenne, 200 posts sur Facebook par mois, +300 posts sur Linkedin par semaine... Sa stratégie est clairement d’occuper le terrain des réseaux sociaux.

Il bénéficie également de renforts de taille ces dernières semaines: Gilbert Collard et Jean Messilha (19eme et 17ème, 60/100) sont des poids lourds sur les réseaux sociaux, et cumulent à eu deux 850K abonnés et des engagements spectaculaires.

Seul bémol: il semble être en perte de vitesse, avec seulement 93K abonnés gagnés en janvier. Aurait-il atteint un plafond de verre ? Autre souci: sur TikTok et Youtube, ses vidéos peinent à buzzer, contrairement à ses concurrents Marine Le Pen et Mélenchon. Un problème d’authenticité ?

Emmanuel Macron, la force tranquille (74/100)

Avec plus de 20 Millions d’abonnés, le président de la République dispose d’un socle d’abonnés bien supérieur aux autres. Son mandat de président de la République lui a permis d’exploser tous les compteurs: sur Instagram, avec 2,8M d’abonnés, il est loin devant ses concurrents, tous autour de 200K abonnés seulement.

Cette force que lui confère sa fonction présidentielle est aussi sa faiblesse. Difficile pour lui de “faire le buzz”. Ses réseaux sociaux font vraiment peu d’engagement, parce que par définition très institutionnels et peu clivants. Sa note d’engagement globale n’est que de 8/20, là où Mélenchon est à 14.

Mais en a-t-il vraiment besoin ? Avec son socle massif d’abonnés, et surtout un réseau de politiques très influent sur les réseaux sociaux, il dispose d’une force de frappe massive pour la campagne présidentielle. Il sera très intéressant de voir comment il fera évoluer ses réseaux sociaux pendant la campagne, et s’il parviendra à les personnifier, ou s’il restera dans sa stature présidentielle.

Marine Le Pen, la précurseuse en perte de vitesse (71/100)

Début septembre, avec ses 4,5M d’abonnés, la candidate RN était à égalité avec Jean-Luc Mélenchon. Elle accuse aujourd’hui un retard de quasiment 700K abonnés. Quand Zemmour gagnait plus d’1m d’abonnés, elle en gagnait “seulement” 400K.

Elle a néanmoins prouvé qu’elle disposait d’une force de frappe spectaculaire à l’ouverture de son compte TikTok. En quelques semaines, elle a amassé plus de 200K abonnés, là où Zemmour stagne à 150K. Sa stratégie sur les réseaux sociaux suit celle de sa communication: humaniser tant que possible la candidate RN.

Le ralliement à Zemmour de Gilbert Collard et Jean Messilha, très influents sur les réseaux sociaux, est cependant une énorme perte pour elle. Elle ne peut compter aujourd’hui que sur Jordan Bardella comme appui sur les réseaux sociaux, celui de Marion Maréchal étant encore très incertain.

Yannick Jadot, le travailleur qui part de loin (68/100)

Que les choses soient claires: que le candidat écologiste soit aussi loin derrière Mélenchon, alors qu’ils visent le même électorat, est une anomalie et montre le retard considérable pris par le courant écologiste sur les réseaux sociaux. Surtout quand on voit que sur Linkedin, 3 des top 10 influenceurs français parlent d’écologie: preuve que la demande est là.

Le candidat des Verts fait tout pour rattraper son retard, et il est le seul à avoir ouvert une chaîne Twitch ces derniers mois, dans la foulée de son compte TikTok. Mais dans les deux cas, ceux-ci ne décollent pas: la faute à un ton inadapté aux réseaux sociaux. Quand Mélenchon prend le temps de faire des émissions régulièrement pour échanger avec les auditeurs sur Twitch, Jadot envoie des militants d’EELV parler à sa place. Il n’a fait son premier live que vendredi dernier sur sa chaîne, preuve qu’il s’agit davantage d’une chaîne EELV qu’une chaîne personnelle.

Autre souci de taille: Yannick Jadot est bien tout seul sur les réseaux sociaux. Sandrine Rousseau, qui avait enflammé Twitter à la rentrée, s’est mise en retrait, quand les autres membres du parti écologiste sont inexistants. Là encore, le contraste avec La France Insoumise fait mal.

Valérie Pécresse, la retardataire (64/100)

Sur le papier, la candidate LR devrait être au moins au même niveau qu’une personnalité comme Eric Zemmour.  Avec seulement 630K abonnés cumulés, le socle de Valérie Pécresse est très en dessous de son potentiel réel.

La dynamique est clairement ailleurs: en septembre 2021, elle avait le double de l’audience de celle de Zemmour. 6 mois plus tard, c’est le contraire. L’explication est très simple: Les Républicains n’ont toujours pas pris le pas des réseaux sociaux. Rien n’est fait pour attirer un public plus jeune, pour être différentiant. Aucune personnalité ne se détache.

Ce retard, l’équipe de Pécresse essaie de le combler, en ouvrant notamment une chaîne TikTok fin décembre. Le problème, c’est que ce compte ne décolle pas, avec seulement 3000 abonnés. Et pour cause: le ton n’y est pas. Les Tiktoks sont une succession de diaporamas qui dénotent un manque de compréhension flagrant des réseaux sociaux. Il faudra faire beaucoup mieux pour rattraper son retard.

Roussel, le nouvel espoir ? (61/100)

Avec seulement 90K abonnés sur les réseaux sociaux, le candidat communiste part de très loin.

Mais mine de rien, il a quasiment doublé son audience en quelques mois. Surtout, il a habilement surfé sur les polémiques pour faire parler de lui, et bénéficie d’une note d’engagement totale de 20/20.

Il faudra faire beaucoup plus pour rattraper son retard, surtout qu’il est vraiment tout seul sur les réseaux sociaux au sein de son parti .

Taubira, l’outsider  (59/100)

Quasiment inactive depuis plus d’un an, Christiane Taubira a réactivé ses réseaux sociaux en décembre à l’occasion de l’annonce de sa candidature potentielle. Avec plus d’1 million d’abonnés sur seulement 2 réseaux, Twitter et Facebook, elle avait un atout considérable sur lequel s’appuyer.

Consciente que ces deux réseaux ne suffisaient plus, son équipe a dynamisé sa présence en ligne. Ses deux nouveaux comptes TikTok et Instagram ont bien décollé au début: 12K abonnés sur TikTok et 33K sur Instagram, grâce à du contenu inspiré au début.

Depuis, celle-ci rame: sa croissance stagne. Sa note d’engagement globale n’est que de 11/20, ce qui est faible pour une nouvelle candidate censée être en pleine dynamique. Il ne faut pas oublier que Mélenchon, Zemmour ou même Djebbari gagnent en moyenne 30K abonnés...par semaine. On est donc loin d’une dynamique suffisante sur les réseaux sociaux pour la candidate de gauche.

Hidalgo, la cancre (49/100)

La dynamique de la candidate socialiste sur les réseaux sociaux est à l’image de celle de sa campagne: proche de zéro.

Pourtant, elle bénéficie de sérieux atouts: un socle d’abonnés considérable grâce à son mandat de maire de Paris, avec plus de 2M de followers, ainsi qu’un réseau de personnalités historiques présentes depuis longtemps sur les réseaux sociaux.

Mais les chiffres sont éloquents: une faible croissance, un faible engagement, du contenu très institutionnel. Très loin derrière, avec un index de seulement 49/100, elle laisse au mieux indifférent sur les réseaux sociaux aujourd’hui.

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